Romans

Le Livre du Jour…

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« Seul le Silence » de R.J Ellory

Il y a bien longtemps que je n’ai point lu un roman aussi noir. Une pure merveille de narration et d’écriture qu’on avale à vitesse grand « v » et vous laisse complètement pantois.

Roman noir

4 Sans doute est-ce cette prose apparemment limpide, singulièrement dense, puissamment évocatrice. Cette manière su-breptice de distiller le soupçon et l’inquiétude, de faire toucher, de façon palpable, l’emprise de l’obsession sur le narrateur, qui font de ce livre un véritable piège, dévorant, parfaitement construit. Seul le silence, premier roman traduit du Britannique Roger Jon Ellory, est une révélation. On pense à De sang-froid, de Truman Capote, auquel il est dédié, pour la précision maniaque de ses détails, cette volonté d’épuiser son sujet, cet acharnement à comprendre les crimes qu’il met en scène. Une série de viols et de meurtres de fillettes, commis sur une trentaine d’années, au fin fond du sud des Etats-Unis. Joseph Vaughan, qui avait tout juste 12 ans, l’été 1939, quand tout a commencé et qui, devenu écrivain, va consumer sa vie à tenter d’élucider le mystère, raconte par le menu. Seul le silence est un impeccable thriller, d’une éclatante noirceur, un livre magnifique sur l’énigme du Mal et la culpabilité, la rédemption par l’écriture. Mais surtout la tragédie d’un homme « exilé », brûlé par ses souvenirs d’enfance, marqué par la mort qui a très tôt frappé à sa porte. Exactement résumé par cette phrase de la romancière Cynthia Ozick, citée en exergue : « Ce que nous nous rappelons de notre enfance, nous nous le rappelons pour toujours – fantômes permanents, estampés, écrits, imprimés, éternellement vus. »
Michel Abescat

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Philip.K.Dick, Ubik…

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En mars 1982, quelques mois avant la sortie du « Blade Runner » réalisé par Ridley Scott, adaptation de sa nouvelle Do Androids Dream of Electric Sheep ?, Philip K. Dick mourait d’une hémorragie cérébrale. De son vivant, il n’aura jamais obtenu le succès et la reconnaissance littéraire qu’il méritait.
Aujourd’hui, DICK est une légende.
Son œuvre – 47 romans et près de 130 nouvelles – a apporté à la SF une profondeur et une densité qu’elle n’avait pas avant lui.
P.K.Dick, ça se mérite. Son premier roman que j’ai eu entre les mains, ce fut « Ubik », histoire impossible à raconter, il faut le lire c’est tout…
Maintenant si ce qui suit peux vous aider à acheter le bouquin, bonne chance.

 
« Une pulvérisation invisible d’Ubik et vous bannirez la crainte obsédante, irrésistible, de voir le monde entier se transformer en lait tourné ». Qu’est-ce qu’Ubik ? Une marque de bière ? Une sauce salade ? Une variété de café ? Un médicament ? Peut-être… Et quel est donc ce monde où les portes et les douches parlent et n’obéissent aux ordres qu’en retour de monnaie sonnante et trébuchante ? Un monde où les morts vivent en animation suspendue et communiquent avec les vivants dans les « moratoriums ». C’est dans cet univers que Glen Runciter a créé un organisme de protection contre les intrusions mentales : télépathie, précognition, para-kinésie. Joe Chip, un de ses employés, est chargé de monter un groupe de « neutraliseurs » de pouvoirs « psy », afin de lutter contre ce qui semble être une menace de grande envergure.Dick, récompensé par le prix Hugo en 1963 pour Le Maître du haut-château atteint ici le sommet de son art : la peinture de mondes illusoires, paradoxaux, voir schizophrènes et psychédéliques comme dans Le Dieu venu du centaure.

Description

 » Tous les thèmes de la S.-F. semblent s’être donné rendez-vous, dans Ubik, pour y être tournés, déformés, dévoilant ces questions ultimes : la télépathie, le voyage temporel ou la mort. Le foisonnement de l’imagination, la richesse et la complexité de l’intrigue sont un défi au résumé cohérent du monde où évolue Joe Chip, monde dans lequel on saute de 1992 à 1939, où les morts vivent en état d’animation suspendue, rêvant leurs pseudo-vies dans un univers onirique. Entre l’univers où le temps se dégrade et le monde instable des morts, Ubik est le piège final des réalités, qui marque une étape définitive dans l’oeuvre de Dick. C’est sans doute une de ses productions les plus achevées qui vient couronner un cycle spirituel commencé avec Le Maître du haut château, continué avec
Le dieu venu du Centaure et qui culmine avec le présent roman. « 


Le Livre du jour…

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Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier.
Merveilleux roman que celui ci, dévoré à la fin de mon adolescence. Il m’a profondément marqué, car cette fidèle relecture de l’oeuvre de Dafoe nous plonge au plus profond de nous même, de la prise de conscience de notre propre vie, solitude et imaginaire.
Oui, merveilleux livre, sur l’approche et le regard de « l’autre » ainsi que sur la prise de conscience de ses propres tabous.
Il me faut sans faute le relire…
en lien l’entretien de Michel Tournier accordé à l’Express en mai 2010